L’Ouzbékistan évoque les coupoles bleues de Samarcande et les caravanes de la route de la soie. Ces images invitent au voyage, mais c’est surtout la vie autour de ces monuments qui m’a donné envie de regarder plus loin : les rencontres, les gestes du quotidien et les savoir-faire transmis d’une génération à l’autre.
De Samarcande aux rives de la mer d’Aral, j’ai cherché à découvrir un pays à hauteur d’homme. Dans les ateliers, les marchés ou autour d’un repas, le voyage prend un autre rythme. La soie se déroule, les étoffes se parent de couleurs, une conversation commence ; ailleurs, la musique et la danse rassemblent toutes les générations. Comme à mon habitude, je me suis avant tout attaché à celles et ceux qui font vivre le pays aujourd’hui.
À la splendeur des villes anciennes répondent des paysages où se lisent aussi les bouleversements du présent. Ces photographies, comme mon livre et mon film, racontent cet Ouzbékistan fait de contrastes : un pays dont l’histoire attire le regard, et dont les habitants donnent envie de poursuivre la rencontre.

disparu des routes : il a parfois
quatre roues. Les vieilles Lada
transportent hommes et marchandises avec une capacité de chargement qui semble n’avoir pour limite que l’imagination de leur propriétaire. Sur le toit, tapis, ballots et bagages s’empilent dans un équilibre improbable.

les forteresses éventrées de la plaine, le même matériau semble soudain reprendre forme et grandeur.


maçonnerie. Les muqarnas fragmentent la voûte en une multitude d’alvéoles superposées. La géométrie donne au portail son relief et conduit naturellement le regard vers le haut. La place monumen-
tale s’est constituée du XVe au XVIIe siècles, de l’époque timou-
ride à celle du khanat de Boukhara, l’un des grands États qui se partagent alors l’Asie centrale.









l’Ishrat Khana, la cour de réception du palais
Tosh Hovli, les iwans reposent sur de hautes
colonnes de bois entièrement sculptées.
Motifs végétaux et géométriques courent
le long des fûts jusqu’au plafond peint, tan-
dis que les murs se couvrent de majoliques
bleues.



À Samarcande, Amir Timur est le conqué-
rant et le bâtisseur qui fit de la ville la capi-
tal de son empire. Ailleurs en revanche, le
souvenir est moins glorieux : ses conquêtes
furent marquées par les massacres, les
destructions et les déportations.

phone est tendu vers eux. À l’écran, la mère de
l’un des époux, restée en Russie, éclate en san-
glots. Elle assiste à distance à l’un des moments
les plus marquants de la vie de son fils.

